Le « Strock » : ressources et réalisations

L’instrument de référence, réalisé par Pierre Strock est décrit comme un télescope de voyage.
L’astronome amateur bricoleur étant créatif, le modèle a été beaucoup interprété.
On trouvera ici :
- Quelques éléments de réflexion
- Des références pouvant aider à se lancer dans l’aventure.
- Des exemples de réalisations.

Article mis en ligne le 9 août 2020
dernière modification le 28 août 2020

par Lerautal

1. Constat peu réjouissant

L’astronome amateur (et sa déclinaison au féminin) n’échappe pas au sort commun de l’humain « ordinaire » : il-elle vieillit et sa force physique décline progressivement.

En même temps, la sensibilité de son oeil régresse ainsi que son aptitude à percevoir les détails de Jupiter ou de Mars.

Pour compenser ces pertes, il est tentant de « monter en diamètre », c’est à dire de remplacer le télescope de 150 mm par un 200 voire 250 ou 300.

Mais... qui dit plus gros, dit plus lourd et plus cher.

Si, en plus, on est dans l’obligation de déplacer son matériel pour pouvoir observer, le plus grand-plus lourd va se transformer en punition.

2. Penser avant de dépenser

D’abord, décider de ce que l’on veut, en sachant que, à chaque fois que l’on ajoute un « et », on complique les choses... et que la complication, c’est du poids, de la dépense, des embarras sur le terrain.

Si vous voulez, par exemple : observer le ciel profond de façon idéale et les planètes de façon parfaite et faire du suivi photographique pendant des heures et .... vous pouvez quitter cette page : ce qui suit n’est pas pour vous.

Faisons un choix simple : nous voulons :
- Observer les objets du ciel : étoiles, nébuleuses, planètes, mais sans prétendre toujours à la perfection.
- Ne pas être obligé à des acrobaties et, même pouvoir s’asseoir (sauf quand on observe au zénith).
- Avoir un instrument facile à transporter et léger.
- Que l’ instrument se manipule avec les mains et ne vibre pas.

C’est simple : nous avons défini un Strock.

3. Quincaillerie et gros sous

Envisageons trois projets et parlons poids et dépense.

Le miroir principal peut être :
- Fabriqué par un artisan renommé. Dans ce cas, il sera livré avec un bulletin de contrôle qui attestera de ses qualités optiques.
- Acheté chez un revendeur. Dans ce cas, pas de bulletin de contrôle, mais la qualité minimale sera « probable » (avec peut-être de bonnes surprises).

Poids et prix prix (miroirs industriels).

- 200 mm : de 200 à 300 euros et 2 kg
- 250 mm : de 300 à 600 euros et 4 kg
- 300 mm : plus de 600 euros et 6,5 kg

Autres moyens de se procurer un miroir
Voir les petites annonces sur les forum spécialisés (cas de Dobson qui ne servent plus et sont revendus à bas prix).

4. Le télescope de référence

Il est décrit ici :
http://strock.pi.r2.3.14159.free.fr/Ast/Strock-250.html

5. Un exemple de réalisation mutualisée

Le télescope de Joseph Charneau :

Notre collègue et ami Joseph Charneau nous a adressé un message sur ce sujet. En voici un extrait :


Quelle bonne idée ce projet de Strock. Cette même idée a aussi germé au sein de mon Club Astro Vendée en Novembre 2016. Huit personnes avaient répondu favorablement à cette aventure de construire en commun 8 télescopes de 300mm.

Deux personnes avaient l’expérience d’une construction similaire (T600), les 6 autres (dont ma pomme), n’y connaissaient rien. Et bien deux ans plus tard, je suis devenu l’heureux propriétaire d’un télescope de 300 mm, ouvert à FD 5, optiques Franck Lagrière.

Etant adhérent de l’AAI, et fier de l’être, je suis tout disposé à apporter mes humbles connaissances à votre projet.
...
A cet effet, je vous joins un lien qui vous donnera quelques idées de conception.

http://www.astrosurf.com/jd85/strock300/Strock300%20CAV.html

Remarques :

- Cette longue page est particulièrement riche d’informations de toutes natures : photos, plans, devis...
- Si vous envisagez un télescope plus petit, il faudra adapter les plans.

Compléments

Suite à des questions posées par mail, voici quelques indications complémentaires.

... Pour les oculaires, il est dit dans le milieu des astronomes amateurs que changer de télescope, c’était aussi changer d’oculaires.
Sur les télescopes type Strock, plus l’anneau secondaire est chargé, plus le déséquilibre est important dès que l’observation va vers l’horizontalité.

Le poids du porte-oculaire et des oculaires a donc une incidence sur ce déséquilibre qu’il faut compenser par des contre-poids ou un système de blocage. J’ai donc opté pour un porte-oculaire léger (93g), mais avec une course de 10mm. Je savais que certains de mes oculaires déborderaient les 10mm de débattement. Et puis il étaient un peu justes pour un T300.

Alors j’ai cassé ma tirelire pour trois oculaires parafocaux de chez TéléVue, un Panoptique de 19mm, un Delite de 13mm et un de 9mm. De beaux « cailloux ». Ces trois oculaires (plus mes anciens Plöss) couvrent largement mes besoins. Le T300 supporterait des focales plus courtes, mais je préfère le contraste, le détail au grossissement.

Pour le déséquilibre, j’ai installé un système de frein sur le côte de la caisse. Ça fonctionne, mais je ne désespère pas d’améliorer cela.

Tout est permis sur un Strock !!

Cette monture altazimutale est un bonheur. Il faut veiller quand même à ce qu’elle ne soit pas bancale, peut importe l’horizontalité.

Elle se manie avec douceur, sans a-coup, aucune vibration même avec une mise au point sans microfuseur. Avec son FD 5, le suivi d’un objet ne pose aucun problème, même sous fort grossissement.
Je n’ai pas comparé mon T300 avec un télescope de 250, mais avec mon Célestron 8 de 200 oui. Mon C8 est parfaitement colimaté, l’optique est propre, c’est un FD10.

A l’oculaire, le spectacle est incomparable. J’ai fait des test sur la Lune (que j’adore observer), avec le T300, je l’ai redécouverte. Faut dire que je passe d’un 200 sur un 300, des miroirs certainement d’une autre qualité, mais aussi de bons oculaires qui s’expriment pleinement au T300.

Le bon télescope c’est celui qu’on prend plaisir à sortir. Autant sortir un T300, ça ne nécessite pas plus d’effort.

6. Les vidéos de « La Chaîne Astro »

La première de la série : https://www.youtube.com/watch?v=BuqfyCmOdvc&list=PLTonx1qVxeilECiZYikZ2FRtLhxCm3caL

7. Un complément sur les oculaires

Revenons sur le Strock de 300 mm de Joseph Charneau.

Notre collègue écrit (extraits) :
... la rude tâche qu’est de choisir ses oculaires tant l’offre est pléthorique. Je suis passé par là avec l’arrivée de mon T300, le choix n’a pas été simple mais j’y suis arrivé. Pour l’achat d’oculaires (et pas que), pas de précipitation, prendre le temps d’analyser ses besoins en accord avec son matériel et ....ses moyens.

En pièce jointe un tableau de mes oculaires et leur rapport avec mes deux télescopes.

Mes trois nouveaux « cailloux » de chez TéléVue sont le Panoptic et les deux Delite. Le 4 mm de chez Omégon me sert uniquement à la collimation du T300 par défocalisation.

8. Un emplacement dédié

À priori, un Strock s’adapte au terrain depuis lequel on observe : c’est un instrument mobile.
Mais quand on se trouve dans un jardin entretenu, il est possible d’aménager un emplacement dédié.

C’est le cas, ici, où l’amateur déjà cité a prévu la de positionner soit :
- un Celestron C8 sur trépied,
- soit son Strock 300 mm.

Il a écrit :
"... Comme déjà dit, les plots ont été coulés dans une cuvette, Avec une mèche béton, j’ai creusé le centre des plots pour recevoir les trois pieds.

Un soir, j’ai positionné ma monture vers la polaire, marqué l’emplacement puis creusé trois trous. J’ai bien tassé le fond, ajouter une couche de sable pour parfaire le niveau puis posé mes plots dedans. J’ai ensuite posé les pieds de la monture sur les plots, puis à l’aide d’un maillet, aligné l’ensemble plots/montures sur la polaire, le sable facilitant le glissement.

Après cela, j’ai rebouché les trous avec du sable de carrière qui, tassé, devient très dur.
L’avantage de ce système, c’est que c’est propre, c’est précis, ça ne bouge pas et surtout, je peux retirer facilement les plots et les replacer ailleurs à l’envi. "

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