Un premier exemple d’exploitation d’une observation

vendredi 30 juin 2017
par  Lerautal
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Mettre l’oeil à l’oculaire et ressentir l’exaltation liée à un beau cratère sous une lumière rasante.
Moment d’émotion.
Il restera le souvenir de ce ressenti... mais le savoir peut aussi le prolonger, le faire vivre autrement
L’humain que nous sommes n’est pas qu’émotion. Il est aussi savoirs, savoirs construits.

Une photo réussie : on la regarde. On la montre. On est content.
Mais que nous a-t-elle appris ?
Si ces quelques mots ne vous ont pas réfrigéré, lassé... La suite pourra vous intéresser

1. Le 29 juin 2017, la Lune...
Beaucoup de nuages qui filent, masquant et démasquant une Lune presqu’à demi.
La lunette courte, ou les jumelles sont pointées et il faut profiter des rares moments de visibilité.
Jumelles ? Oui, des petites. Faciles à utiliser car fixées sur un pied photo. (Voir http://lerautal.lautre.net/journal/spip/spip.php?article40 )
La Lune est basse sur l’horizon et est facile à pointer et observer.

Mais que voit-on ainsi ?
Par exemple cela :
La Lune avant le premier quartier

2. Utilisation d’une de « 6 Lunes »

Prenons une des petites « 6 Lunes », page 4 du cahier « DOCUMENTS DUPLICABLES
POUR S’INITIER À L’OBSERVATION DE LA LUNE » et reportons, en utilisant une couleur, les reliefs qui sont réellement vus.
Cela peut donner :

Le terminateur et quelques cratères relevés depuis une photo
La ligne continue marque la position du terminateur.
Les cratères Pisidonius, Theophilus, Cyrillus, Catharina et Langrenus sont entourés : on les a vus.
Cleomedes est barré : on ne l’a pas vu.
Les zones pôlaires ont été ignorées.
Quelques cratères vus ont été dessinés en gros.
Un « mur » a été dessiné (il s’agit de Rupes Altai).
On a identifié et daté le dessin.

3. On dispose d’une meilleure photo ou d’un instrument plus puissant (la lunette courte).

Exemple ici :
JPEG - 248.9 ko

En fait, là, il y a « trop ». Trop d’information : un seul regard n’y suffira pas.
Nous allons nous intéresser à un morceau du champ de l’oculaire, ou de la photo.

Prenons par exemple ceci, centré sur Posidonius :

Posidonius et la mer de la Sérénité

Essayons de dessiner SANS REGARDER UNE CARTE, en utilisant une convention pour hiérarchiser ce que l’on dessine : sûr, incertain...

Exemple d’interprétation personnelle :
Dessin à la tablette graphique d'après l'image précédente
Conventions utilisées :
- En gris la séparation ombre lumière : difficile de la placer.
- En beige : les limites de la mer de la Sérénité, quand on les perçoit.
- En brun : des « montages ».
- En rouge : des cratères (cirques).
- En noir des « choses suspectées » mais pas bien vues.

Une autre présentation du résultat : l’image et le dessin côte à côte.

Posidonius : comparer photo et dessin

4. La carte et le territoire

C’est le moment de se reporter aux diverses cartes dessinées du recueil déjà cité, et en particulier aux pages 9 et 10.
En gros, la découpe précédente couvre cette zone de la carte :

Portion de la carte dessinée couvrant la même aire

Soupir immodeste : « Ah ! les bons outils »...

Encore plus fort : on réunit trois éléments :

Posidonius : comparer photo, dessin et carte
Partant de là vous pourrez identifier ce que vous avez dessiné, retenir quelques noms et, si votre curiosité n’est pas satisfaire, vous reporter vers deux sources d’information :
- Les cartes d’Antonin Rükl : http://the-moon.wikispaces.com/Rukl+Index+Map
- une base de données et photos en ligne. Par exemple : http://the-moon.wikispaces.com/Rimae+Posidonius

5. Travail personnel suggéré

Il vous reste un peu d’envie et de courage ?
Alors il faut passer à la pratique.
Voici un autre morceau de la photo principale :

La zone Theophilus, Cyrillus, Catharina

En vous inspirant de ce qui a été montré plus haut...
- Réaliser un dessin simplifié permettant de situer les principaux reliefs.
- Retrouver les noms qui sont accessibles via les références données (carte et liste pages 9 et 10, Cartes de Rükl).

Et faites connaître votre travail... à l’AAI.


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